Parlez moi de vous !

janvier 25th, 2012 Publié dans Société Tags: , , , ,

Avant de lire cet article, vous pouvez aussi écouter la chronique sur Radio Notre-Dame

Je souhaitais vous parler cette semaine d’un film qui m’a beaucoup touchée : « Parlez-moi de vous ». Il est selon moi une peinture de notre société, à travers l’histoire de Claire, une femme d’une quarantaine d’années, campée par une Karin Viard magistrale. Je connaissais l’actrice surtout dans des rôles de second plan, mais dans ce film elle prouve l’étendue de son talent. Elle crève l’écran.
Grâce à une caméra qui n’hésite pas à la filmer en gros plan, et à un scénario qui laisse planer le secret, on s’attache petit à petit à cette femme qui vit seule (avec son chien) et qui semble avoir réussi dans la vie : elle est très élégante, elle travaille à Radio France où elle répond le soir aux auditeurs et habite dans les beaux quartiers de Paris. Mais on se rend compte que c’est une femme qui souffre de nombreux tocs : par exemple elle a besoin de rituels en entrant dans son appartement, pour ouvrir son courrier ou écrire sur son ordinateur. Cet aspect névrosé et psychorigide peut paraître un peu bizarre mais ne nous empêche pas de la prendre en sympathie avec son chignon parfait et son allure un peu sévère et de s’intéresser à la raison de son mal-être.
Très vite, on comprend que cette femme souffre d’une blessure béante, liée à l’abandon de sa mère et que son repli sur elle-même vient de cette carence affective terrible qui la dévore encore à son âge. On sent chez cette femme une soif immense d’être aimée, qu’elle comble avec sa relation aux auditeurs. Mais dans la vie, elle est incapable de se laisser approcher, s’étant forgé une carapace digne d’un dinosaure de Jurassic Park. Alors est-ce que la quête de ses origines la conduira à s’ouvrir ? Au cours du film, elle rencontre une famille, elle entre dans un autre univers, et on sent que ça la déstabilise, on le voit sur son visage, car elle n’a pas connu cela, c’est nouveau pour elle. On voit qu’il se passe des choses en elle.
Le paradoxe de cette femme réside dans le fait qu’elle exerce à la radio un métier dans lequel elle est en relation permanente avec les autres, alors qu’elle vit dans la plus grande solitude (hormis son chien je le rappelle). Alors qu’actuellement en France environ 14% personnes vivent seules, cela nous interroge sur ce phénomène. Cette solitude devrait d’ailleurs entrainer dans les prochaines années une augmentation des névroses et des dépressions. En tant que chrétien, quel regard avoir sur la solitude qui peut parfois être douloureuse ? Eh bien, la solitude devrait plutôt être quelque chose de positif pour le chrétien, elle devrait être habitée par une présence autre, celle d’un Dieu qui nous aime et avec qui nous ne sommes jamais seuls. Il me semble que lorsque l’on parvient à apprivoiser sa solitude, en en faisant une richesse, elle nous permet d’aller à la rencontre des autres dans la vérité. Non pas pour combler notre vide, mais pour ce qu’ils sont vraiment.
Enfin, même si on peut juger triste la vie de Claire, ce film porte une Espérance. Malgré sa blessure, Claire apporte du réconfort aux autres et les encourage dans leur talent, aussi paradoxal que cela puisse paraître. Cela prouve qu’on peut quelque part transcender sa souffrance et en faire quelque chose de positif. Toujours avec humour et sans tomber dans le pathos, ce film nous invite donc à réfléchir… sur nous-mêmes, bref, ce film parle vraiment de nous.

Sylvie

Ladies gagas

janvier 21st, 2012 Publié dans Humeur Tags: , , , ,

Je fais partie depuis peu d’un cercle très particulier, d’un club très sélect dont on obtient la carte de membre uniquement le jour de la naissance de son premier neveu ou de sa première nièce, je veux parler, vous l’aurez compris, du très célèbre gang des « tatas gagas ». En effet, j’ai constaté ce phénomène (qui consiste à être raide dingue de ses neveux et nièces) chez la plupart de mes amies devenues tantes, avant d’être mamans. Il est étonnant de voir à quel point les adhérentes du club partagent un certain nombre de points communs, et notamment cette fameuse gaga attitude.
Comment expliquer une telle façon d'être avec la progéniture de son frère ou de sa sœur ? Il y a sans doute le lien de sang : ces enfants nous sont familiers par des ressemblances de personnalité, ou par des ressemblances physiques : « Comme elle est mignonne ! Elle a vraiment tout de sa tata ! » Ce lien de la chair si particulier semble donc justifier un élan d’amour et d’affection pour ces petits qui dépasse la raison. Compensation affective ? Nature humaine ? Ainsi les tatas gagas développent en général un comportement assez particulier pour ces enfants. Elles les gâtent bien évidemment, leur trouvant toujours la petite robe à papillons roses trop mimi, le château légo avec princes et dragon inclus ou le doudou géant très encombrant mais trop craquant. Elles les affublent de surnoms aussi affectueux que ridicules, et il ne vaut d’ailleurs mieux pas les voir adopter un langage régressif devant leur huitième merveille du monde. Tant que personne ne les surprend… Bref, elles sont totalement gagas et se reconnaissent entre elles.
Le mystère de la vie nous fascine. Lorsqu’il vous frappe de si près, tel la foudre, on ne peut que s’émerveiller devant l’arrivée au monde d’un nouvel être, un événement qui peut sembler banal, mais qui nous dépasse par sa grandeur. Pourquoi ces petites boules de vie sont source de tant de joie ? Cela peut paraître idiot à dire mais je pense tout simplement parce qu’elles nous mettent face à l’essentiel : l’amour. Alors s’envolent les problèmes et les difficultés, tel un oiseau migrateur qui n’a pas l’intention de revenir, pour rester bronzer au soleil. Merci à nos frères et à nos sœurs (et à leurs conjoints) de nous permettre de relativiser et de nous faire partager la simplicité d’un bonheur qui n’a pas de prix.
Et vous, êtes vous une tata gaga ou un tonton gâteau ? Avez-vous développé les mêmes syndromes lors de la naissance de vos neveux et nièces ?
Bon, je vous laisse, je vais m’occuper de ma nièce :-)

Sylvie

 

Jeanne

janvier 11th, 2012 Publié dans Actualité Tags: , , , ,

Avant de lire cet article, vous pouvez l'écouter sur Radio Notre-Dame.

Avec le 600e anniversaire de sa naissance célébré le 6 janvier dernier, l’occasion se présente pour moi de vous parler de l’une de mes saintes préférées : Jeanne d’Arc. Je ne sais si c’est en raison de mes origines lorraines mais l’histoire de cette femme hors du commun me touche particulièrement. Je me rends compte que finalement la plupart des gens la connaissent mal et que ce l’on en sait se résume à deux choses : ses voix et sa mort sur un bûcher, qui se prêtent encore aujourd’hui à de nombreuses blagues de plus ou moins bon goût.
Or il est grand temps selon moi d’arrêter avec les images d’Epinal sur Jeanne d’Arc (bien qu’elle soit née dans l’actuel département des Vosges). Stop la légende, les idées reçues, les clichés, intéressons nous à son histoire mais surtout à sa personnalité. Car Jeanne est une femme exceptionnelle, une femme de caractère. Elle nous galvanise par son courage et sa bravoure. Elle ose et va de l’avant en persévérant dans ce qu’elle sait être bon. En même temps, elle fait preuve de sensibilité et de compassion dans le combat, gardant toujours à cœur d’éviter de tuer. Par sa force intérieure, par ses convictions, par son audace, elle nous invite à dépasser nos peurs et à ne pas nous résigner. Elle nous donne une vraie leçon, nous qui paniquons dès qu’une poule meurt dans des conditions suspectes au fin fond de la Chine ou qu’un cochon éternue dans la banlieue de Bueno Aires.
Quant on y pense un quart de seconde, il paraît tout à fait incroyable qu’une brindille venue de Lorraine puisse lever une armée, faire sacrer le roi et délivrer le pays de la soumission anglaise. Qui aujourd’hui peut susciter une telle admiration ? Quant on voit que la légion d’honneur est attribuée à Stone et Charden, on manque de s’étouffer avec sa galette, pour peut qu’on ait la fève…
J’aime aussi les nombreuses anecdotes de son histoire qui prouvent que son action n’a pu être inspirée que par Dieu : la rencontre du futur roi à Chinon est un moment de vérité extraordinaire qui va en partie déterminer la suite de son épopée. Non seulement elle reconnait le roi mais elle lui révèle la prière qu’il faisait à Dieu dans l’intimité de son cœur et que nul ne pouvait connaître…. On oublie aussi sa dimension prophétique : elle savait que telle bataille allait être gagnée, qu'un tel allait mourir, elle a également su à Compiègne qu’elle allait être capturée…
Alors que Jeanne est l’héroïne nationale, pourquoi ne la met-on pas plus en avant ? Peut-être (et sans doute) parce que sa foi dérange. On en a fait à un moment une sainte laïque, mais couper Jeanne de Dieu, c’est couper un arbre de ses racines. N’oublions pas que c’est au Seigneur que Jeanne était soumise. Le moteur de son action, c’est Dieu, qui à travers les voix de Ste Catherine, Ste Marguerite et St Michel, l’a guidée tout au long de son extraordinaire épopée.
Enfin, je pense que l’histoire de Jeanne est une formidable Espérance aujourd’hui pour la France, dont elle est la sainte patronne secondaire. Jeanne nous démontre une fois de plus que « Rien n’est impossible à Dieu ». Que lorsque l’on y croit plus, le brouillard peut se dissiper et la lumière émerger des ténèbres. Elle en est l’exemple vivant. Que cela soit dans nos vies ou dans notre monde, elle nous prouve qu’un changement est possible, avec la grâce de Dieu. Car c’est peut-être le grand message de Jeanne pour notre époque : ne pas laisser Dieu à la porte de notre société. Car qui sait, Il pourrait peut-être intervenir…

Sylvie

Copyright : Flickr Meerkatjes 

Doux voeux

janvier 4th, 2012 Publié dans Actualité Tags: , , ,


(A ne pas écouter trop longtemps, c'était juste pour la joke)

En cette traditionnelle période de voeux, je souhaite à chacun de vous que cette année soit douce. D’où me vient cette idée allez-vous me dire ? Eh bien une amie m’a fait à juste titre remarquer qu'actuellement on se sent agressé de toutes parts, qu’il faut se battre pour ne pas se faire manger et que l'on est imprégné d'une violence ambiante et donc… qu'un peu de douceur dans ce monde de brutes nous ferait immensément de bien, à n’en pas douter.

Alors je vous souhaite d’être des apôtres de la douceur, d’en mettre dans vos relations pour dégonfler les baudruches, désarçonner les colériques, laisser bouche bée les belliqueux. Jésus n’affirme-t-il pas lui-même « Heureux les doux, ils obtiendront la Terre promise » (Mt 5, 6) ? Cela nous confirme bien que la douceur est un chemin de bonheur.
Je vous souhaite de vous armer de musiques douces pour bercer vos oreilles et lutter contre l’agressivité du bruit et la pollution sonore.
Je vous souhaite de caresser des doudous en peluche, du velours, des peaux de bébé, des visages bien after-shavés, des peaux de pêches bien gommées…
Et spécialement aux amoureux – et aux futurs amoureux – je souhaite beaucoup de mots doux, murmurés ou sur le papier : il n'y a aucune raison d'arrêter.

De la tendresse, de l'amour, de la sensibilité, de la gentillesse, de la compréhension, voilà les vœux que je formule pour vous et vos proches – non pas pour vous la couler douce – mais pour que, grâce à la douceur, le monde change et s’ouvre au vrai bonheur, même si c’est à pas feutrés.

Sylvie

PS : Je tiens ici à vous remercier pour votre fidélité à LSD, MERCI d’en être les ambassadeurs autour de vous, et merci à Radio Notre-Dame qui me permet, doucement mais sûrement, tous les 15 jours d’en étendre la diffusion.

 

Un monde de paillettes

décembre 29th, 2011 Publié dans Actualité Tags: , , , ,

Avec la période des fêtes de fin d’année, on voit déferler dans les magasins une vague de paillettes. Oui cette année elles sont à la mode ! Outre les vêtements, il y a les pinces à cheveux, les sacs et j’ai vu récemment dans un spectacle, les chaussures ! Mais d’où nous vient cette fascination pour tout ce qui brille ? Peut-être et sûrement parce que nous les associons à la gloire, au Star System, parce qu’elles nous aident à être vus et remarqués. Ou encore parce qu’elles nous font rêver, parce qu’elles nous transportent dans un monde parallèle de fête permanente.
Or les paillettes revêtent parfois une connotation négative. Lorsque nous parlons de « gratter sous les paillettes », c’est bien pour signifier qu’elles ne sont qu’apparat et superficialité, pour cacher autre chose : notre réalité, qui parfois est peu glorieuse. Et d’ailleurs pour preuve, éteignez la lumière et l’illusion s’arrête aussitôt. Un interrupteur et ça y est, Cendrillon se retrouve en haillons. Eh oui, vous pensiez briller de mille feux, étinceler de toute part, en fait nous ne faisiez que refléter la lumière. Quelle déception… Quelle gloire peut-on retirer à servir de réflecteur de rayons ? Ça casse tout de suite le mythe.
Mais en y regardant bien, on peut trouver derrière le strass et les paillettes un très beau symbole. Toujours aussi paradoxalement, nous sommes en quête à l’extérieur ce que nous possédons déjà à l’intérieur (cf. St Augustin). En voulant briller, nous recherchons inconsciemment (ou pas) à dire au monde : « J’existe, aimez-moi, regardez-moi ! » Et si en fait, cette Lumière était déjà en nous ? Pourquoi alors se donner tant de mal à se déguiser en boule à facettes ? Que d’efforts, alors qu’il serait si simple de se poser un peu pour « réfléchir ». D’où ma suggestion : pourquoi ne pas revêtir nos cœurs de paillettes pour refléter autour de nous cette Lumière intérieure ?
Il y a en nous et autour de nous mille choses positives qui auraient besoin de paillettes pour rayonner. Notre monde a la fâcheuse habitude de mettre en avant ce qui ne va pas, alors qu’il y a tant de positif dont on pourrait parler : les héros du quotidien, les petits gestes qui rendent la vie plus agréable, les nombreuses associations qui viennent en aide aux personnes isolées, aux personnes âgées, aux personnes handicapées… Donc les paillettes, j’ai envie de dire, ce n’est pas qu’à Noël et en période de fête, cela devrait être toute l’année ! Nous devrions tous les jours mettre des paillettes dans nos vies (gaieté, amour joie, bonne humeur, fête, douceur…)
Selon moi les vraies paillettes, ce sont les paillettes intérieures, celles qui font briller les yeux.
Alors je vous ai convaincus ? Vous allez mettre des paillettes ?

Sylvie

PS : cette chronique bientôt en podcast sur Radio Notre Dame

copyright photo : Flickr par Stéphan 

Paradoxes

décembre 23rd, 2011 Publié dans Société Tags: , , , ,

Je reste toujours scotchée par les paradoxes de notre société. Celui qui me paraît le plus significatif en ce moment est celui de notre positionnement par rapport aux personnes porteuses d’un handicap. D’un côté nous les mettons à l’honneur à travers le Téléthon, la toute nouvelle série de France 2 « Vestiaires » ou encore le film Intouchables, en les présentant comme égaux en dignité avec les bipèdes valides. On les admire, on les valorise, on se dit qu’ils ont beaucoup de courage, qu’ils sont des exemples de lutte pour la vie, ce qui entre nous est bien vrai.
On leur donne une place de choix, parfois même prioritaire, mais au fond de nous, on n’en veut pas. On serait bien plus à l’aise s’ils n’étaient pas là, car croiser leur regard nous dérange. En même temps cela n’arrive pas souvent, sauf à la télé, ou lors d’une visite dans un parc d’attraction ou à Lourdes. Notre société pleine de bons sentiments et de mièvreries à la guimauve, pleine de sourires de façade, œuvre de manière souterraine mais fortement efficace à ce qu’un jour il n’y ait plus de personnes handicapées. A l’aide du diagnostic prénatal qui permet d’identifier quasi toutes les malformations physiques ou génétiques, l’avortement peut être pratiqué sans aucune restriction lorsque le moindre doute s’installe quant à un hypothétique handicap. D’ici quelques années, terminés les nains, les sourds, les pieds beaux, les becs de lièvres, les trisomiques etc. On ne risquera plus de croiser leur regard. Doit-on dire : "ouf" ? Cette façon de faire porte un nom : l’eugénisme. Il s’agit de faire une sélection parmi les individus. Cette méthode il y a soixante ans à peine a provoqué des millions de morts. L’homme a décidément la mémoire courte. Certes, la vie avec un handicap plus ou moins lourd est un parcours du combattant, c’est une lutte inévitable, ce sont des épreuves. Mais qui a le droit d’empêcher  un être humain de vivre parce qu’il est différent, parce qu’il ne nous ressemble pas ? Encourageons la recherche génétique oui, mais pas le diagnostic qui donne la mort.
Mais pourquoi vouloir ainsi éliminer les personnes handicapées ? Parce qu’elles sont un poids pour la société ? Le véritable problème selon moi est que la faiblesse de ces personnes nous renvoie à la nôtre : à nos fragilités intérieures, à nos handicaps de la relation, de l’amour. Ils nous envoient en pleine figure que nous sommes faibles. Ce que nous pouvons camoufler derrière des apparences, eux ne le peuvent pas. Or St Paul nous dit « C’est lorsque je suis faible que je suis fort ». Que se passera-t-il lorsqu’il n’y aura plus de faibles pour nous le rappeler ? Serons-nous pour autant moins vulnérables ? Il y aura toujours quelque chose ou quelqu’un pour nous le rappeler. A la veille de l’anniversaire de la naissance de Jésus, ayons une pensée pour tous ces enfants qui ne naitront pas, parce qu’ils ne nous ressemblent pas.

Sylvie

copyright : Jean-Louis Zimmermann

Vol d’enfance

décembre 15th, 2011 Publié dans Actualité Tags: , ,

Avant ou après lecture, vous pouvez écouter cette chronique sur Radio Notre-Dame.

Chantal Jouanno, toute nouvelle sénatrice, vient d’être chargée d’une mission visant à protéger l’image des enfants renvoyée dans les médias, et notamment l’hypersexualisation des petites filles. Je ne sais pas si comme moi vous avez remarqué dans la rue ou dans les magazines ce phénomène des lolitas qui sont de plus en plus jeunes. Je sais bien que toutes les petites filles aiment jouer à la dame. On s’est toutes déguisées en prenant les chaussures de nos mamans ainsi que leurs robes pour se déguiser en Princesse, jusque là rien d’anormal. Mais cela restait dans la sphère familiale… Aujourd’hui dans certaines écoles élémentaires on est dans l’obligation d’interdire le maquillage et les talons hauts. C’est dire !
J’ai l’impression que notre époque est en train de faire des petites filles des mini femmes, objets de séduction. Je sais bien qu’il ne faut pas généraliser, et qu’il existe encore, et Dieu merci, des petites filles qui sont encore des enfants. Cependant, certains exemples extrêmes de ce phénomène prouvent que les comportements changent, comme les soutiens gorges rembourrés, les concours de mini miss (surtout aux Etats Unis) sans parler des clips des chanteuses auxquelles les petites filles s’identifient comme Shakira ou Beyoncé, qui n’ont rien à voir avec Chantal Goya et Dorothée si vous voyez ce que je veux dire.
A mon avis, le plus triste dans cette histoire, c’est que ce sont les mères qui volent l’enfance de leur propre progéniture, en faisant des projections d’un idéal qu’elles n’ont pu atteindre. Mais vous êtes d’accord, pour qu’un adulte se construise, il a besoin de passer par différentes phases d’apprentissage, et l’enfance est faite pour cela. Je ne veux pas faire ma Françoise Dolto de comptoir mais tous les pédopsychiatres vous le diront.
Or qui y a-t-il de pire que de dérober l’innocence d’une enfant ? Personne ne s’interroge sur les conséquences sur la psychologie de ces futures jeunes femmes. Quels vont être leur rapport au corps ? Leur rapport aux hommes ? Ces questions là ne dérangent pas grand monde apparemment à commencer par les industriels et les publicitaires.
Si on veut prendre le problème à bras le corps (si je puis m’exprimer ainsi), alors on comprend au final que c’est le désir d’être aimé qui induit de tels comportements. Les femmes réduisent leur être à leur corps et à la façon dont il va être paré, transformé,  pour pouvoir plaire et être aimée. Et ce phénomène d’hypersexualisation des petites filles n’est en fait que le révélateur d’une certaine vision de le femme dans nos sociétés occidentales. Je me demande d'ailleurs pourquoi les femmes se laissent autant influencées par ces froides beautés sans âme que l’on voit dans les magazines. Retouchées jusqu’à la perfection, elles n’ont aucun plus rapport avec la réalité. La norme est devenue la femme soumise et réduite à un objet de désir : cela n’est pas digne des femmes.
Souhaitons donc bon courage à Mme Jouanno et espérons que le modèle féminin évolue et se rapproche un peu plus des femmes telles qu’elles sont IRL (In Real Life) c’est-à-dire bien plus belles et chaleureuses, malgré leurs petits défauts, que les beautés irréelles du papier glacé.

Sylvie

C’est la crise

décembre 10th, 2011 Publié dans Humeur Tags: , , ,

« La crise dure » et « La crise s’est installée… » : ainsi commençaient deux courriers reçus dans la même journée, l’un des Restaus du cœur et l’autre de mon député. Merci pour la nouvelle, je n’étais pas au courant. Entre la dette de la Grèce, le sauvetage de la zone euro, les viols et les assassinats de jeunes filles, les inondations, la famine, la rigueur, le chômage, il y a de quoi avoir le moral dans nos chaussettes, 50% laine achetées à Monoprix. Or dans cette morosité ambiante voilà apparaître différents phénomènes qui semblent vouloir contrarier les pronostics les plus sombres.
Tout d’abord Frédéric Lopez lance une émission intitulée « Leurs secrets de bonheur ». Il choisit de nous parler d’augmenter notre niveau de bonheur en invitant des gens heureux qui témoignent de leur parcours . A-t-on idée en temps de crise de parler de la quête du bonheur au lieu de débattre sur la sortie de l’euro ? Mais M. Lopez a peut-être raison. Et si les téléspectateurs avaient envie d’autre chose que du trash, autre chose que des tueurs, des psychopathes, des serial killers, des mecs qui violent et qui ensuite brûlent leurs victimes ? Autre chose que des histoires bien glauques et bien morbides ?
Autre fait signifiant, on vient d’élire une miss France qui annonce clairement qu’elle veut mettre le caritatif à l’honneur en France. Je pensais qu’à la télé, les téléspectateurs préféraient la loi du plus fort, celle de la jungle, celle de ceux qui écrasent les faibles. Peut-être que les pauvres qui morflent, les riches qui s’enrichissent et les méchants qui réussissent, ça ne fait pas (plus) rêver !
Enfin, le film Intouchables qui raconte l’histoire d’amitié entre un tétraplégique et son auxiliaire de vie rencontre actuellement un engouement populaire extraordinaire. Encore une fois se serait-on trompé ? Alors comme ça, les Français n’attendraient pas que des histoires de fesses ? Ils s’intéresseraient à autre chose qu’aux coucheries de DSK, aux histoires de joueurs de foot et de putes, ou de bunga-bunga ?
Il y aurait bien d’autres exemples pour illustrer ces sursauts de vie d'une société que l'on croit moribonde. Et si a fortiori parce que c’est la crise, les gens avaient envie de bonne humeur, de sourires, d’amour et de générosité plutôt que de s’engluer et se complaire dans une ambiance qui fait la fortune de l’industrie des anxiolytiques ? Et si les valeurs positives étaient les valeurs montantes ? Elle ne sont certes pas cotées en Bourse, mais à mon humble avis, c’est sur elles qu’il faudrait miser.

Sylvie

Chat alors !

novembre 30th, 2011 Publié dans Actualité Tags: , , ,


Il m’arrive parfois de regarder un peu la télé, comme tout le monde, pour voir ce qui s’y passe et éviter de penser et de réfléchir pendant quelque temps. Mais récemment, une publicité a failli me faire tomber de ma chaise. Heureusement que je n’étais pas en train de boire un verre, je me serais sans doute étranglée à l’annonce de la nouveauté de chez Gourmet, tenez-vous bien : le Calendrier de l’Avent pour chats ! Eh oui, moi qui croyais bêtement que le principe du Calendrier de l’Avent était de cheminer spirituellement vers Noël ! Moi qui pensais que tout au long du temps de l’Avent on ouvrait tous les jours une case dévoilant une image et une méditation pour se préparer à la Nativité… Eh bien voilà que je m’étais trompée. Ce n’est donc pas une prière, mais du mou pour chat que dévoile chaque jour ce calendrier pour félins.
Il est vrai que depuis quelques temps déjà ce calendrier depuis s’était paganisé, puisque en lieu et place de la petite prière, on a vu apparaître dans les fenêtres des petits chocolats, à croire que la nourriture spirituelle ne suffit plus à notre monde. Bref, cela aurait pu s’arrêter là, mais l’industrie agro-alimentaire pour minous en a décidé autrement. En effet, pourquoi les chats n’auraient-ils pas eux aussi le droit de se préparer à Noël ? Après tout ? C’est très discriminant de penser le contraire. Peut-être qu’à travers les différentes barquettes qui s’ouvrent à eux tous les jours, ils vont saisir le mystère de cette grande fête chrétienne ? A chaque pâtée (mousseline de noisette ou de saumon) ils vont peut-être eux aussi se rendre compte qu’un Sauveur, le Christ Jésus, est venu racheter l’Humanité du péché. Peut-être arrêteront-ils alors de tuer des souris sans raison – ils savent bien que ce n’est pas nécessaire puisqu’ils ont leur gamelle pleine de Gourmet tous les soirs. Peut-être qu’à chaque dimanche de l’Avent ils entreront eux aussi un peu plus dans la compréhension du mystère de l’Incarnation : un Dieu qui se fait homme, ce n’est pas banal ! Même pour un chat !
A ce rythme là, cela ne m’étonnerait pas qu’un beau jour on se réveille en installant une crèche en forme de nid dans la cage de nos canaris. Ou bien qu’au matin de Pâques, on se mette à cacher dans le jardin les « croquettes pascales, parfum Agneau de Cisteron » pour notre Doberman. Ou bien qu’en entrant dans une boutique en demandant un Calendrier de l’Avent, on nous réponde : « Pour chien, pour tortue, pour chat ou pour poisson rouge ? » et de passer pour un ou une ringarde en rougissant : « Ben… pour mes enfants… »
Je n’ai bien sûr rien contre les animaux (il faut les aimer aussi) et ils ont été les premiers dans la crèche avec les bergers autour de Jésus. Mais ne faut-il pas raison garder ? Car si les animaux s’humanisent, je me demande si nous ne serions-nous pas en train de devenir bêtes…
Alors j’aurais pu rester sur ce triste constat et me désespérer mais ce n’est pas mon caractère, je vous ai donc trouvé un calendrier de l’Avent sur Internet, et qui plus est pour êtres humains !  Il s’agit du Calendrier interactif du Jour du Seigneur.com : derrière chaque case, une surprise sonore et visuelle pour se préparer au Mystère de Noël. Je ne vous en dis pas plus pour vous laisser découvrir… Sans oublier également les calendriers de  Croire.com et de la Fondation d’Auteuil. Alors je vous laisse ouvrir vos petites cases, et après tout, rien ne vous empêche de le faire avec votre chat. Miaou !

 

PS : vous pouvez écouter cette chronique sur Radio Notre-Dame

PS 2 : A lire aussi :

http://leplus.nouvelobs.com/contribution/216739;calendriers-de-l-avent-pour-les-animaux-aussi-ca-existe.html

Sexe, meurtres et jeux vidéos

novembre 24th, 2011 Publié dans Actualité Tags: , , , ,

En l’espace de deux semaines en France, une petite fille et une adolescente ont été victimes de crimes sexuels à la suite desquels leurs agresseurs les ont tuées. D’aucuns appelleront cela des « faits divers » (allez dire ça à leurs familles), pour moi ils demeurent des drames qui ont la fâcheuse tendance de se répéter fort souvent. Pour quelles raisons ? Les meurtres et la violence ont toujours existé, depuis Caïn et Abel, les hommes ont la désagréable manie de se trucider. N’empêche que, parlez quelques instants avec des personnes âgées, elles ne se souviennent pas d’autant de « faits divers », d’autant de jeunes filles violées puis découpées en morceaux ou brûlées. Certes on était moins informés à l’époque mais tout de même. D’où vient toute cette violence ? A mon avis, il ne faut pas aller bien loin, il suffit de regarder les bandes annonces des films ou le JT pour se rendre compte que nous évoluons dans un monde d’images pétries de violence. Une remarque sur Twitter m’a fait dresser les cheveux (pourtant impeccablement brushingués) sur la tête : l’affirmation qu’il n’y a aucun lien entre le fait que l’agresseur d’Agnès soit amateur de jeu vidéo et son meurtre. Pardon ? Il n’y aurait donc aucune influence des jeux vidéos sur les personnes qui passent à l’acte ? Mais pas de souci, j’attends les arguments !

J’attends avec impatience les études d’experts prouvant que le fait de regarder des jeux-vidéos ultra-violents, dont l’objectif est de tuer, n’influence EN AUCUN CAS les personnes qui y jouent à longueur de soirées voire de nuits.
J’attends avec impatience les rapports de psychiatres démontrant que le fait de regarder des films pornographiques n’impactent EN AUCUNE MANIERE la sexualité des jeunes et des moins jeunes qui en sont devenus accros.
J’attends avec impatience les résultats de scientifiques affirmant que les images que l’on absorbe toute la journée n’ont EN AUCUNE FAÇON un impact sur notre comportement (ce sont les publicitaires qui vont être contents).

J’attends donc que l’on me prouve qu’il n’y a strictement aucun lien de cause à effet entre la violence et la pornographie sur nos écrans, et les crimes qui ont lieu maintenant presque toutes les semaines. Je veux bien croire que les jeux-vidéos puissent être un exécutoire salutaire à des personnes qui y voient le moyen de se défouler, mais ne me dites pas que ces images n’influencent pas notre subconscient. Ou alors prouvez-le moi.

 Sylvie