Chronique d’une victoire annoncée

On n’est pas encore le 6 mai mais déjà les médias et les sondages nous annoncent la victoire de François Hollande. On en vient à se demander à quoi cela va servir d’aller voter dimanche puisque les dés sont déjà jetés et que les jeux déjà faits : circulez y a rien à voir ! Même une journaliste du Monde, Vanessa Schneider, nous a affirmé pendant Des Paroles et des Actes jeudi dernier que le débat du 2 mai (ce soir) ne changerait rien, les analystes sont formels, il ne peut y a avoir de retournement de situation suite à un débat. Ca c’est fait.
Vous allez me dire que c’est injuste de critiquer les sondeurs et les spécialistes de l’opinion, ils font un « vrai travail » ;) Je reconnais qu’ils sont très doués et particulièrement performants… dans le domaine de l’intox. J’ai la sensation que leur science s’apparente plus à celle de Madame Irma qu’à autre chose. M’étonnerait pas que l’on apprenne un de ces quatre qu’ils ont tous des boules de cristal, des pendules et des jeux de tarots dans leurs bureaux.
Mais qu’on laisse les électeurs faire leur choix !  Qu’est-ce que ce matraquage qui nous annonce d’ores et déjà la victoire d’un camp ? Quel que soit le président élu, nous allons de toute façon vers des lendemains qui déchantent, à commencer par nos feuilles d’impôts. L’un comme l’autre ne feront pas de miracles. Mais il est encore temps de nous poser les vraies questions pour le bien de la France ou tout du moins pour un moindre mal : souhaitons-nous laisser le gouvernail en pleine tempête à quelqu’un qui n’a ja-ja-jamais navigué ohé ohé ? Est-il raisonnable de changer de cap en pleine crise mondiale et financière ? Voulons-nous vraiment l’euthanasie ? Est-il souhaitable pour notre société que deux personnes de même sexe se marient ?
Eh bien pour faire comme les sondeurs, je vais vous dire ce que je vois dans ma boule de cristal (après tout, si moi aussi j’ai envie de me prendre pour Madame Soleil) : la victoire de dimanche ne sera peut-être pas celle que l’on annonce.

Un dernier mot : aux urnes citoyens !

Sylvie

 

Touitteur

avril 26th, 2012 Publié dans Actualité Tags: , , , ,

La version longue et audio de ce billet, c’est par ici, sur Radio Notre-Dame

« Le flan est au four » ou encore « La rolex a deux minutes de retard »… Dimanche le réseau Twitter s’est pris au jeu d’annoncer les estimations sous forme de langage codé en s’inspirant des messages de #RadioLondres sous l’occupation. Alors pour les non initiés, tout cela peut paraître bien bizarre et futile. D’ailleurs lorsque je parle à mes amis de tweet, de retweet de #FF et de hashtag, j’ai l’impression qu’ils me regardent comme si j’étais toute verte avec des antennes, des yeux globuleux et un doigt qui clignote… bref, ils me prennent un peu pour une martienne… Alors, Twitter : qu’est-ce que c’est et à quoi ça sert ?
Twitter est avant tout d’une formidable plateforme d’échange d’informations en temps réel : vraies et à vérifier. Mais c'est bien plus que ça. Pour moi Twitter est en quelque sorte un « lieu de vie », certes virtuel, mais où l’on s’exprime, où l’on échange, où l’on s’engueule et surtout où l’on se marre. On le compare parfois au café du commerce, où chacun y va de sa réflexion sur l’actu, la politique, la société, avec si possible de l’humour, grinçant parfois, vaseux souvent, mais au final quand même drôle.
Twitter, c’est aussi une juxtaposition d’égo : ce serait mentir que d’affirmer que les twittos se moquent totalement de leurs mentions et de leurs retweets. Il y a à travers la présence sur le réseau social, une volonté d’exister, en balançant la bonne info ou le jeu de mots qui va faire mouche. Le summum de la classe sur Twitter est de figurer dans les TopTweets ou que sa vanne soit citée par les journalistes de l’émission Des clics et des claques sur Europe 1…
Twitter enfin, c’est aussi un formidable réseau d’entraide : vous cherchez un pied pour votre appareil photo ou uns solution à un problème informatique … Il suffit de faire un tweet en demandant de retweeter (= faire tourner). Certains ont comme cela trouvé un logement, ou du travail. Petit (ou grand) bémol cependant, on peut perdre beaucoup de temps sur Twitter, à lire des bêtises, ou à en écrire. Et on peut aussi facilement en devenir accro (j’essaie moi-même de me désintoxiquer, mais j’ai du mal).
Bref, pour conclure, Twitter bien utilisé, c’est enthousiasmant. Vous avez une passion, vous avez envie de faire passer un message de vie et d’amour, vous en avez marre de ce que l’on vous raconte dans les médias et vous avez de l’humour ? Alors, au lieu de désespérer dans votre coin, il vous reste une solution : tweeter. Et encore plus pendant cette campagne présidentielle, car, comme dirait Charles Vaugirard, « #RadioLondres les carottes ne sont pas cuites, je répète, les carottes ne sont pas cuites ».

Sylvie

 

Pour qui voter ?

Si vous n’êtes pas atteint de Mélanchonite aiguë (franchement, à en voir cette vidéo les symptômes font vraiment flipper) et si vous avez suivi la campagne sur 20 Minutes, le Petit Journal de Canal + et un ou deux débats télévisés en faisant la vaisselle ou le repassage, alors vous êtes peut-être comme moi, vous ne savez pas encore pour qui voter.
Dans cette vidéo, qui circule actuellement pas mal dans catholand, avec une musique qui donne la chair de poule, vous trouverez les éléments de discernement donnés par les évêques de France, et sur le site correspondant « Quelle société en 2012 » le détail de chacun des points. Avec tout ça, vous ne saurez toujours pas pour qui voter mais vous aurez de quoi alimenter votre réflexion. N’ayant pas encore lu l’ensemble des propositions des candidats, ni vu les clips, qui d’après ce que j’ai compris, font également assez peur par leur nullité, j’y vois aussi clair qu’un Londonien au milieu de son brouillard. Une chose cependant me fait particulièrement frémir : l’euthanasie.
Alors, pourquoi ne pas profiter de cette dernière semaine pour s’organiser un dîner entre amis, où chacun bosse un ou deux programmes pour ensuite débattre avec les autres sur les points qui nous tiennent à cœur ?

Allez belle semaine à tous, et surtout, n'oublions pas d'aller voter, en conscience, et de se donner les moyens pour qu'elle soit éclairée !

Sylvie

Vigile en prime

avril 4th, 2012 Publié dans Religion Tags: , , ,

Il se profile en cette fin de semaine un week-end bien sympathique de trois jours. Tout le monde en a oublié la raison, mais c’est pas grave. Samedi soir, pendant que certains resteront scotchés devant The Voice à se demander quelle voix sera retenue dans la team de Florent Pagny, ou que d'autres se trémousseront sur Alexandrie Alexandra dans je ne sais quelle soirée disco… d'autres encore, les chrétiens, vivront la vigile pascale, la fête la plus importante de l’année, celle qui célèbre la Résurrection de Jésus.
Vous allez me dire qu’ils ont tous les dimanches pour s’en souvenir, ils leur faut encore des jours fériés ! Oui mais la Semaine Sainte c’est particulier. Les chrétiens font le « revival » des derniers jours de Jésus : le jeudi, son dernier repas, le vendredi, sa mort sur une croix, et le samedi soir, dans la nuit, sa Résurrection. Pendant cette veillée pascale, autour du symbole du feu, les chrétiens renouvelleront les promesses de leur baptême. Autant vous dire que ce sera la big fiesta, the grande teuf, le moment à ne pas rater dans l’année. Je trouve donc dommage que la vigile pascale soit si peu connue du grand public. On fête tous Noël et cela ne nous viendrait pas à l’idée de dire à notre grand-mère le 24 décembre que l’on est invité à une soirée Gloubi Goubla. Pourquoi n’est-ce pas pareil avec la fête pascale ?
Pâques (faut-il s’en réjouir ?) ne bénéficie pas de l’emballage marketing de Noël mais du coup, passe à la trappe de notre calendrier. Or, je suis sûre que de nombreuses personnes, croyantes ou non, seraient heureuses de découvrir la richesse de cette fête. Ne pourrait-on pas annoncer à nos contemporains, pendant la nuit de Pâques, que Jésus est ressuscité ? L’Amour plus fort que la mort, c’est plutôt une bonne nouvelle non ? Je vais même plus loin : pourquoi n’aurait-on pas une fois par an une Messe du Jour du Seigneur en prime time ? Qu’on nous laisse en tout cas le choix : la voix ou la voie…

Belle fête de Pâques à tous !

Sylvie

Cloclo

mars 31st, 2012 Publié dans Actualité Tags: , , , , ,

Attention mettez votre pantalon à paillettes, et c’est parti, pour réécouter le Blog Notes sur Radio Notre Dame.

Cloclo a pour beaucoup d’entre nous quelque chose de familier. Qu’on aime ou pas, ses chansons ont marqué une époque et bien au-delà. Allez, on est entre nous, avouez que vous connaissez par cœur la chorégraphie d’Alexandrie Alexandra. Et vous n’allez pas me dire que vous n’avez jamais chantonné Le lundi au soleil en trainant vos guêtres au travail ou hurlé Comme d’habitude dans une soirée karaoké. Non non, on me ne la fait pas à moi…
Dans le film Cloclo, que je vous recommande chaleureusement, on découvre l’homme qui se cachait derrière les paillettes et l’on voit le parcours de ce petit garçon parti d’Egypte, devenir une véritable star. Si à la base, sa motivation à réussir nait d’une certaine rage, sorte de revanche sur la vie, doublée d’une jalousie, on voit aussi un homme passionné par la musique et très doué. Cela peut paraître paradoxal mais j’ai été touchée par le portrait psychologique de cet homme, qui se construit au fur et à mesure de sa vie une carapace digne de l’époque jurassique, qui le fait devenir extrêmement dur avec les autres et surtout avec lui même.
J'ai surtout vu un homme en souffrance, en quête perpétuelle d’amour. Un homme richissime, que le succès et la gloire finissent par rendre totalement seul. Un homme qui se retrouve au final dépassé par une machine infernale qu’il a mise en route mais qu’il ne peut plus arrêter (un peu comme un ouragan). On voit dans ce film comment l’argent et le succès peuvent pervertir la relation aux autres, que ce soit envers les femmes, sa famille, ses salariés, son manager, son public…
Il y beaucoup à dire sur ce film. J’ai notamment admiré chez Claude François la volonté d’aller au bout de ses rêves et sa détermination à réussir, malgré un début assez peu prometteur. Cela peut donner beaucoup d’espoir à tous ceux qui souhaitent se lancer. Cela prouve bien que même si dans la vie, même si ça s’en va et ça revient, il faut continuer d’y croire.
Enfin, si Dieu nous donne des talents ou met dans notre cœur des projets, il faut bien se dire que ce n’est pas pour nous. Un « don » – comme son nom l’indique – est fait pour être « donné ». Claude François, et selon moi c’est ce qui a fait son malheur, s’est approprié ce don pour en tirer le maximum d’argent, en oubliant que l’objectif était d’apporter un peu de bonne humeur à ses contemporains. Il s’est laissé piégé par un système. A-t-il pour autant totalement failli ? Non, je ne pense pas, car on danse encore sur ses musiques dans les mariages et les soirées, ce qui prouve qu’il a quand même « donné », et en ce sens ce film lui rend un véritable hommage.
Bon aller je vous laisse, je vais m’entraîner pour ma chorégraphie de Claudette ;)

Sylvie 

mars 27th, 2012 Publié dans Actualité Tags: , ,

Les événements meurtriers de la semaine dernière nous ont tous laissés sous le choc. C'est par un silence de compassion et de prière pour les victimes et leurs familles que je souhaite m'exprimer ici.

Puissent de tels actes ne jamais se reproduire ni en France ni ailleurs.

L’euthanasie n’est pas digne

L’association AMD (Assocation pour le Droit de Mourir dans la Dignitéa voulu marquer un grand coup récemment avec une campagne trash en faveur de leur cause : la légalisation de l’euthanasie. Pour sensibiliser les candidats à la présidentielle, ils les ont donc représentés en fin de vie en les incitant à se poser la question de l’euthanasie si un jour ils devaient être confrontés à une telle situation. Franchement, on est bien d’accord, personne n’a envie de finir sa vie dans d’atroces souffrances. C’est logique. Et pour l’AMD, la seule solution d’abréger une existence touchée par une maladie incurable, c’est donc la mort. Jusqu’ici pas de problème. Sauf que cette association milite pour que la mort soit programmée, anticipée, décidée par le malade. Exit la mort « naturelle », hop hop hop. A l’heure où on nous bassine avec les produis bio, la protection de l’environnement, l’écologie sous toutes ses formes et sous toutes ces couleurs, eh bien là, la nature, on n’en veut pas. Non non et non, on veut mourir dans la dignité, c’est-à-dire, excusez-moi de parler cru, piqué comme un chien ou comme un condamné à mort américain. C’est charmant. Ce qui me gêne également dans ce lobbying est le fait que cette ou ces associations montent toujours en épingle, avec la complicité des médias, des cas extrêmes pour faire pleurer dans les chaumières et convaincre les Français que l’injection létale est une délivrance, un service rendu. (Koztoujours en parle très bien dans son article Faut-il euthanasier ses opposants ?). Je sais qu’il existe des cas très difficiles et je n’ai pas été à confrontée à une telle situation dans mon entourage. Mais ce qui me pique au vif (pardonnez-moi le jeu de mots) c’est que l’on parle si peu en France des soins palliatifs. Des soins pallia quoi ? Oui des soins palliatifs, vous avez bien lu. Dans ces services spécialisés, les malades en fin de vie sont pris en charge dans leur globalité, et accompagnés, avec leurs familles, vers une mort inéluctable. Voici comment ils sont présentés dans la brochure du Ministère :
« Ils ont pour objectif de préserver la qualité de vie, de soulager les douleurs physiques et tous les autres symptômes gênants. Ils prennent également en compte la souffrance psychologique, sociale et spirituelle de la personne malade et de sa famille. »
Qui aujourd’hui sait qu’il existe la loi Leonetti, qui encourage les soins palliatifs et interdit l’acharnement thérapeutique ? Que l’on applique déjà la loi qui existe avant d’en créer de nouvelles !
Admettons que l’on en vienne un jour à tuer nos petits vieux et nos cancéreux en phase terminale, ces personnes qui sont « un poids » pour la société… Qui nous dit que l’on ne supprimera pas un jour les SDF, les personnes handicapées et tous ceux qui n’entrent pas dans les cadres de notre système ? Je sais j'exagère, mais on peut aller très loin comme ça.
Ayons le courage de renverser les choses : c’est l’EUTHANASIE QUI N’EST PAS DIGNE de notre humanité, et non l’inverse.

PS : si vous pensez également que l’euthanasie n’est pas une solution, signez le Manifeste Plus digne la Vie
A lire aussi le dernier billet d’une Catho à l’hosto, qui vous décrypte point par point la campagne de com’ de l’AMD.

Le printemps des femmes

Un petit vent semble souffler pour faire évoluer la place des femmes dans notre société. Comme une petite brise de printemps. J’ai l’impression que petit à petit, le regard sur les femmes change et que celles-ci sont prêtes à prendre leur juste place. La journée de la femme est l’occasion d’aborder (encore ?) ce sujet, même si j’ai du mal avec ce concept d’une journée dédiée.
En ce qui me concerne, il y a eu tout d’abord le soutien reçu suite au lancement du #girlpower dans la blogosphère catholique. Ce n’est pas anodin et cela signifie bien que nous avons à donner, chacune à notre manière, une parole alternative à celles des hommes. Puis, pour y faire suite comme un clin d’œil, en ce mois de mars, Benoît XVI invite à prier « Pour que la contribution des femmes au développement de la société soit pleinement reconnue dans le monde entier. » C’est ce qui s’appelle tomber à pic. On a aussi parlé de la question du modèle féminin avec le rapport sur l’hypersexualisation des enfants – notamment des petites filles – remis par Chantal Jouanno, avec qui j’ai eu l’honneur de participer à une émission sur RFI cette semaine. Ensuite, la proposition du Comité de la Jupe de restaurer un rite ancien dans la liturgie du dimanche de Pâques permet de nous rappeler que ce sont les femmes (eh oui) qui ont été les premières, les témoins de la résurrection. Enfin, plus tristement, signalons également cet appel, lancé par l’Association du Nid pour demander l’abolition de la prostitution. Il y aurait sans doute bien d’autres exemples encore…
Ce melting-pot d’initiatives me fait penser que le modèle féminin proposé aujourd’hui par notre société, à savoir la femme soumise, offerte, pur objet de consommation sexuelle, est en passe de péricliter. Il faudra sans doute encore plusieurs années, mais je pense que les femmes prennent peu à peu conscience qu’elles ont été trompées. 1968 a certainement levé de nombreux tabous, mais le résultat aujourd’hui est plus que calamiteux. Les femmes peuvent, et doivent, mettre leur douceur, leurs qualités d’écoute et d’empathie, leur intelligence et leur bon sens au service de notre société. Quel ne fut pas mon étonnement en lisant récemment dans un magazine féminin, qu’il était conseillé pour être belle de développer sa vie intérieure, grâce notamment à la méditation ! J’ai tellement hâte de trouver dans les revues une page « beauté intérieure… » On y viendra… Car si les femmes continuent d’être, soit des objets sexuels, soit a contrario de se comporter comme des hommes, elles courent droit à leur malheur et à celui de notre société.
Promis j’arrête de vous soûler avec ce sujet, mais j’ai le pressentiment que les femmes vont vous surprendre, à condition qu’elles assument, comme dirait Michel Sardou, d’être des femmes.

Sylvie

Attentions : ne vous privez pas !

février 29th, 2012 Publié dans Religion Tags: , , , ,

De retour, et en pleine forme, pour une chronique à écouter dans le Blog Notes de Radio Notre-Dame, par ici !

Alors voilà, le Carême vient de commencer, et pour beaucoup de catholiques il représente encore un temps morne où il va falloir prendre sur soi, se priver, renoncer aux gâteaux au chocolat etc. Bref, bonjour tristesse. Personnellement j’ai envie de voir le Carême différemment, et de ne pas me priver, bien au contraire. Mais de ne pas me priver d’une chose en particulier : de la relation aux autres. Aussi le thème du Message du Carême de Benoît XVI me ravit vraiment cette année, avec cette extrait de la Lettre aux Hébreux : « Faisons attention les uns aux autres pour nous stimuler dans la charité et les œuvres bonnes ».
J’ai eu la chance de faire un séjour en Amérique latine dont je suis revenue, non seulement un peu bronzée, mais avec la conviction que c’est la relation aux autres, qui rend vraiment heureux et qui participe à notre bonheur. Les gens là-bas se parlent facilement, vont échanger deux trois mots, entamer une conversation entre inconnus. Même moi qui ne parle pas bien espagnol, j’ai pu rencontrer de nombreuses personnes et passer de très bons moments (langage des signes aidant). Il y a beaucoup moins de barrières qu’en France, beaucoup moins de peurs. Dans sa lettre, Benoît XVI écrit : « Dieu nous demande d’être les « gardiens » de nos frères (cf. Gn 4, 9), d’instaurer des relations caractérisées par un empressement réciproque, par une attention au bien de l’autre et à tout son bien. ». Il me semble que tous les jours, nous nous privons de nombreuses attentions, de nombreuses occasions d’aller vers les autres.
Mais pour quelles raisons sommes-nous si frileux dans nos relations au quotidien ? Je crois que dans notre société individualiste et égoïste, nous pensons avant tout à nous et à notre petit confort, c’est un peu le LMD « Le Moi D’abord », et le reste ensuite. « Faire attention » nous rappelle Benoît XVI vient du verbe grec « katanoein, qui signifie bien observer, être attentifs, regarder en étant conscient, se rendre compte d’une réalité. » Cela voudrait donc dire que si nous ne faisons plus « attention », c’est parce que nous sommes plus ou moins déconnectés de la réalité, que nous ne sommes pas à ce que nous sommes en train de faire, que notre esprit est ailleurs, en train de vagabonder sur Facebook ou Twitter alors qu'à côté de nous quelqu'un a peut-être besoin d’aide pour porter sa valise.
Peut-être également ne sommes-nous pas attentifs aux autres parce que nous n’avons pas suffisamment d’ « espace intérieur » pour les écouter et les accueillir. Et c’est là que la prière, indissociable de ce temps de Carême peut nous aider à ouvrir notre tente.
Au final, pourquoi être si peu attentif aux autres ? Benoît XVI apporte cet argument : « Nous avons tous reçu des richesses spirituelles ou matérielles … pour le bien de l’Église et pour notre salut personnel ». Faire attention, c’est donc faire le bien et grandir dans l’amour, donc, à mon avis, ça ne vaut pas le coup de s’en priver… Joyeux Carême à tous !

Sylvie

NB : Lire le message de Benoît XVI